Breizh Agri Food : 800 visiteurs à la découverte des usines

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Six entreprises bretonnes de nutrition animale ont ouvert leurs portes, le samedi 16 juin, dans le cadre de la première édition de Breizh Agri Food, rencontres de l’agriculture et de l’alimentation organisées par Agriculteurs de Bretagne, la chambre d’agriculture, Produit en Bretagne, Interbev et Nutrinoë. Visite des usines Nutréa et Le Men. Article extrait de la Revue de l’alimentation animale N°719 Septembre 2018©

Dix heures, samedi 16 juin. Une dizaine de personnes patientent devant l’accueil de Nutréa. Parmi elles, Gilles et Joëlle « là par curiosité » , venus en voisins. Gilles a vu l’usine se construire. »Nous connaissons aussi beaucoup de gens qui y travaillent » . Le couple a donc profité de l’opération portes ouvertes, organisée dans le cadre de la première édition de Breizh Agri Food, « pour venir voir ce qui s’y fait ». Comme Nutréa, cinq autres entreprises bretonnes de la nutrition animale ont accueilli ce jour-là le grand public : Aliouest (Saint-Allouestre), Cobrena (Loperhet), Le Men (Saint-Brandan), Sanders Bretagne (Grâces) et Triskalia (Le Sourn). L’événement, chapeauté par Agriculteurs de Bretagne, la chambre d’agriculture, Produit en Bretagne, Interbev et Nutrinoë a attiré 800 visiteurs dans les usines. Il avait pour objectif de « montrer aux Bretons la qualité de production alimentaire régionale et les progrès accomplis par les différents maillons des filières. L’idée est de fédérer des initiatives existantes er nouvelles et ainsi obtenir une plus grande visibilité ». À Plouagat, la visite commence par le poste de réception, ou différentes matières premières sont présentées pour l’occasion. Alban, six ans, fait la moue devant la mélasse. « Ce n’est que du sucre ! » explique Isabelle, guide d’un jour. Son frère, Titouan, onze ans, est lui aussi beaucoup plus intéressé par la machine Nir, qui permet d’analyser la composition des grains en quelques secondes. Françoise, leur maman est « là pour montrer à mes gars une usine. On est de Plouagat, c’était l’occasion. Et dans quelques années, ils auront à choisir un métier.  »

Les différents postes sont présentés par le personnel, une vingtaine d’employés sont mobilisés pour la journée. « Nous prélevons systématiquement des échantillons à réception et devons suivre des plans de contrôle, avec des analyses chimiques, bactériologiques » indique Dominique. « On regarde l’humidité, le poids spécifique, etc. Certaines matières premières doivent être broyées avant d’être analysées. » L’échantillothèque interpelle les visiteurs : « Combien y a-t-il de sachets ? » « Nous avons 200 lots par jour, sachant que les échantillons sont gardés pendant six mois, je vous laisse calculer ! Parfois on manque un peu de place.  »

L’usine fabrique des aliments bovins, volaille, lapin, poule repro, dinde, etc. « En hiver, comme les vaches sont dans les bâtiments, notre activité augmente d’un tiers ». Le site compte deux lignes de fabrication, dont une médicamenteuse. « L’usine en hauteur pour un travail par gravitation. Les produits font la navette quatre fois. » Le groupe prend donc la direction de l’ascenseur. Le dernier étage offre une jolie vue panoramique. « C’est ici que se trouve le pupitre, le poste de commande de toute l’usine », indique Marcel avant d’expliquer le déroulé : broyage, prémélange, éventuelle incorporation de liquide, granulation voire émiéttage, etc. Jérôme venu avec son fils Alexis, s’intéresse plus particulièrement aux bennes peseuses et aborde quelques sujets techniques. « Je travaille chez Aliouest, je suis venu pour découvrir une usine et voir,pourquoi pas, de nouvelles choses. Mais les méthodes de travail sont semblables, nous avons les mêmes fournisseurs et nous serons bientôt collègues ! » Il y a deux ans, ils avaient profité des portes ouvertes pour visiter le site de Cecabroons à Saint-Allouestre. « Mon fils est très intéressé par le milieu technique. »

« Je pensais qu’on allait en voir moins » Quelques étages plus bas, le groupe s’arrête devant les presses : « Qu’est-ce que c’est que ces machines ? » lance Titouan. « Elles servent à fabriquer des granulés. On fabrique à 80 % des granulés miettes, 10 % de la farine traitée anti-salmonelle pour les volailles et 10 % de la farine entière grossière pour bovins. C’est la nuit qu’on produit le plus : 2/3 de la production. On peut charger jusqu’à 16 camions la nuit. » Les livraisons sont effectuées sur toute la Bretagne. « Je pensais allait en voir moins souligne Gilles, alors que la visite s’achève, devant la flotte de camions, juste avant Ie coup d’envoi du premier match de l’équipe de France en Coupe du monde. Deux écrans géants ont été installés pour l’occasion. À une vingtaine de kilomètres de là, chez Le Men, à Saint-Brandan, c’est l’heure des galettes saucisses. Pas d’écran mais une voiture, autoradio à fond, a été garée proximité du barbecue pour suivre le match. Un petit groupe préfère Pascal, nutritionniste, pour une visite guidée du site, dont la spécificité est d’héberger deux unités.

« La première, créée en 1976, est destinée aux porcs, volailles, bovins, équins, La deuxième tour, érigée en 1994, est spécialisée dans le traitement thermique pour la volaille repro exclusivement. » L’entreprise compte 30 salariés dont 15 œuvres dans ces deux usines.  La visite débute là aussi la réception des matières premières, « vrac, liquides et pulvérulentes. Nous utilisons 10 à 15, matières premières, énergétiques et protéiques (amidon, blé, mais), 70 % sont d’origine bretonne ou du Grand Ouest. L’huile de palme provient d’Indonésie et le tourteau de soja du Brésil, sauf le tourteau de soja non OGM qui est d’origine France. » Pour Dominique, agriculteur à Glomel et participant à la visite « C’est bien que les matières premières soient du secteur, il y a aussi plus de traçabilité, importante à l’époque où on est. » Ce dernier travaille avec Le Men en volaille et bovin depuis 2014.  » C’est plus familial qu’industriel, tout de suite, si on a un problème, quelqu’un est disponible, c’est direct, on a la réponse dans la journée  » Dans l’usine la plus ancienne, toutes les matières premières sont broyées avant d’être stockées, « en moulure fine ou grosse, ça dépend des formules. On utilise deux broyeurs à marteaux, de 3 000 à 15 000 tours, pour 40 t/heure. » Le site compte environ 400 formules d’aliments complets miettes, granulés ou farine. « Aujourd’hui chaque client a ses exigences : nous travaillons à la carte » Les visiteurs s’arrêtent amusés, devant l’ancien tableau de la salle des commandes. Si quelques voyants servent encore de point de repère, tout a été informatisé. « On peut suivre l’ensemble du process :  temps de mélange, expédition en cellule presse, mesures interlot, enrobage, etc » Une découverte pour Joël, éleveur de volailles de chair dans le Morbihan, dont c’était la première visite d’usine. « J’ai l’ai vu l’invitation sur mes bons de livraison d’aliment ! Je voulais savoir d’où venait ce que j’achète. On n’en apprend  jamais assez ! »

L’opération mérite donc d’être renouvelée.

© Ermeline Mouraud – Revue de l’alimentation animale N°719 Septembre 2018 (article et photos)